L'Église Évangélique du Congo est organisée aussi bien géographiquement que juridiquement et Géoeraphiquement.
L'Église Évangélique du Congo est divisée en consistoires, chaque consistoire en paroisses, chaque paroisse en annexes. L'Église Évangélique du Congo comprend en outre des champs d'évangélisation dépendant directement du Synode.

L'Église Évangélique du Congo comprend les organes suivants:
•    Synode, Conseil Synodal, Bureau Synodal, Secrétariat Général chargé de l'Administration et des Finances, Départements Synodaux.
•    Consistoires, paroisses, annexes. Chacun de ces organes est doté d'uni Assemblée Générale, d'un Conseil et d'un bureau.


1. ÉLÉMENTS SUR L'HISTORIQUE DE L'EEC

1. LES MISSIONNAIRES
La Svenska Missions fôrbundet (S.M.F.) ou Mission Évangélique Suédoise est née en 1878 d'un Réveil spirituel qui a éclaté vers 1840 au sein de l'Eglise luthérienne de Suède, Église d'État, trop rigide pour contenir ce réveil.
Le premier missionnaire de la S.M.F., C.J.ENGV ALL, est envoyé au Congo Belge en 1881. Il travaille dans le champ missionnaire de Livingstone Inland Mission (L.I.M.) qui est une mission d'origine anglaise établie au Congo-Belge depuis 1878. Et ce n'est qu'en 1886 que la S.M.F. commence son propre travail missionnaire dans ce pays, après que la L.I.M. ait renoncé à sa mission devenue trop onéreuse. 

Vingt-cinq ans plus tard, la demande renouvelée de la S.M.F. auprès des autorités françaises de commencer un nouveau champ missionnaire au Moyen-Congo (colonie française), est agréée. LHAMMAR chargé d'y construire une première station arrive au village de MBEMBE (MANGA) où il est reçu par MATOUBA, chef de tribu, en Janvier 1909. Il prend donc possession du terrain où est construite la station de Madzia.
Pour la S.M.F., toute l'oeuvre missionnaire devait obéir au plan N.WESTLIND conçu en 1884. Ce plan vise la formation des "membres autonomes dans des paroisses autonomes, un peuple indépendant dans un pays indépendant.". C'est ainsi que douze stations missionnaires ont été construites dans le Bas-Congo. A la fondation de la station de Madzia (1909), succède celle de Musana (Boko) en 1910, Brazzaville (1911), Kolo (Mouyondzi) en 1916, Indo (Sibiti) en 1918, Loubetsi (Kibangou) en 1922, Mansimou (Brazzaville) en 1926, Madouma (Mossendjo) en 1929, Ngouédi (Madingou) en 1931, Pointe-Noire (1933), Zanaga (1937), Dolisie (1939).

D'autre part, dans le Nord-Congo, la Mission Baptiste Suédoise s'est installée à Ouesso en 1921. La Mission Évangélique Norvégienne quant à elle a fondé les stations de Mpouya (1947), Gamboma (1948), Owando (1948), Inkouele (1949), Ewo (1961) et le champ d'évangélisation de Djambala en 1957. L'action,de l'É~lise des Amis Libres de Norvège, de l'Eglise Evangélique du Danemark et de l'Eglise Evangélique de Finlande est beaucoup plus récente, mais conforme au plan général d'évangélisation.
 
De fait, le plan N. WESTLIND propose comme tâche fondamentale pour la Mission évangélique, "la communication des vérités chrétiennes par le dialogue, la prédication ou l'enseignement méthodique".
Alors la S.M.F. adopte comme méthodes d'évangélisation:

•    l'enseignement général avec des missionnaires comme C.PALMKVIST, PA. WESTLIND, S.MALMQUIST ;
•    l'enseignement théologique dispensé par 1. SODERGREN, S.MALMQUIST, E. ANDERSSON ;
•    l'enseignement professionnel comportant des sections de menuiserie, mécanique, maçonnerie ... ;
•    l'évangélisation directe, pour prêcher la Bonne Nouvelle aux populations particulièrement non chrétiennes.
C'est sans doute le moment de dire si les objectifs principaux poursuivis par la S.M.F. au Moyen-Congo ont été atteints.


2. RÉSULTATS DE LA MISSION

2.1. LES COLLABORATEURS
Le besoin de former des collaborateurs nationaux (Catéchistes, Moniteurs, Pasteurs Africains) a été satisfait et ceux-ci ont bien joué le rôle que la mission attendait d'eux.
Ils ont aidé à l'évangélisation des villages, à la construction des temples, chapelles et maisons d'habitation. Mais ils ont surtout contribué à l'instruction de la jeunesse, avenir de l'Église, qui sera plus tard organisée d'une manière particulière.

2.2. L'ENSEIGNEMENT
En construisant des écoles, le missionnaire a mis en valeur ses stations ou centres d'implantation. La maîtrise de la langue des évangélisés lui a permis de traduire la Bible et de confectionner d'autres ouvrages nécessaires'à l'alphabétisation et à l'évangélisation des populations.
De plus, le souci de ce qu'il convient d'appeler "l'Évangile du travail" a conduit le missionnaire à ouvrir des écoles professionnelles. Et pour écouler facilement les produits fabriqués, l'école professionnelle de Kibunzi (Zaïre) est transférée à Mansimou (Brazzaville) en 1922.
Cette école qui jouissait d'une grande réputation dans la région, a fonctionné 40 ans jusqu'à sa nationalisation en 1965. Elle a formé chaque année 80 élèves devenus ouvriers qualifiés, essaimés au Congo et au Zaïre. Ensuite, dans le Nord-Congo, l'Église Évangélique de Norvège a fondé l'école professionnelle de Mpouya, en 1947.

2.3. L'ŒUVRE MÉDICALE ET L'ÉVANGÉLISATION DIRECTE
Pour l'œuvre médicale, il convient de noter qu'en dépit de ses moyens limités, le missionnaire a rivalisé avec le "Nganga" traditionnel en soignant les malades autant qu'il a pu. Les dispensaires et maternités qu'il a légués à l'Église Évangélique du Congo (E.E.c.), autonome, attendent leur développement dans la synthèse fructueuse de la médecine européenne avec la médecine traditionnelle révélée, à réorganiser.

En règle générale, les trois méthodes d'Évangélisation sus-mentionnées sont complétées par l'évangélisation dite directe. En effet le missionnaire scandinave n'a pas seulement prêché la parole oralement, mais il a aussi remis la Parole écrite - la Bible ¬aux évangélisés alphabétisés. La parole chantée elle-même a été introduite à travers des recueils de chants traduits ou composés en langue locale et accompagnés d'instruments de musique européens.

2.4. LE DÉVELOPPEMENT DE L'ŒUVRE MISSIONNAIRE
A dire vrai, rien n'a été prévu, en dehors de la collecte et des cotisations des membres de l'Église, aujourd'hui dérisoires, pour permettre à la Mission devenue Église de voler de ses propres ailes sur le plan économique et financier.
Sur la croissance spirituelle de l'oeuvre missionnaire au Congo,. il convient de dire que le réveil spirituel qui a éclaté à Ngouédi (Bouenza) en Janvier 1947 a joué un rôle considérable. Il sied d'en évaluer maintenant les premières actions en vue d'une réorganisation du mouvement par rapport aux besoins réels de l'Église.  

Au reste, l'autonomie de l'Église Évangélique du Congo longtemps préparée est intervenue le 15 Juillet 1961, et la cérémonie officielle a eu lieu au temple Evangélique de Poto-Poto. Le Pasteur Jaspard KIMPOLO, premier Président de l'Église Évangélique du Congo (1961-1967) succédait au Pasteur Manne LUNDGREN, Président de la S.M.F.