ORGANISATION DE LA JEUNESSE A L'ÉPOQUE:

LA J.E.P. ET LES AUTRES JEUNESSES
Au lendemain de l'autonomie de l'Église Évangélique du Congo (15 Juillet 1961 ), et à l'instar des autres confessions religieuses, existait la JEUNESSE PROTESTANTE DU CONGO (J.P.C.), subdivisée en Jeunesse Aînée, Éclaireurs, École de Dimanche et en Jeunesse Étudiante Protestante (J.E.P.). La J.E.P. a eu une existence brève mais combien remplie. Elle ne comprenait encore que les sections de Brazzaville (ayant deux sous-sections: Bacongo et Poto-Poto) et de Pointe-Noire. Très dynamique, ces deux sections ont organisé plusieurs camps régionaux dont ceux de Kinkala en 1962 et de Mindouli pendant les congés de Noël 1963, sans oublier des sorties mémorables comme la visite des chutes de la LOUFOULAKARI, la sortie sur la Route Nationale N° 2, avec l'étude du livre de Jonas et la sortie au bord de la Dzoumouna.L'un des combats menés par la J.E.P. était celui appelé lutte pour la "mixité." Les autorités ecclésiastiques voulaient de deux jeunesses étudiantes protestantes, l'une des jeunes filles et l'autre des garçons. Ce fut la jeunesse "mixte" qui l'emporta.

La J.P.C. était reconnue sur le plan national à telle enseigne que l'État Congolais lui fournissait parfois des moyens logistiques pour ses déplacements, lors des visites des sites touristiques dans la sous-préfecture ou la préfecture où avait lieu le camp. Sur le plan national, la lE.P. était organisée en congrès. Sur le plan local, il y avait des sections et des sous-sections. Le premier responsable de la J.E.P. était Antoine BOUDZOUMOU. Puis vint la révolution des 13, 14, 15 Août 1963. Les choses n'étaient plus comme avant. Le grand débat de l'heure était de savoir s'il fallait d'une jeunesse unique ou d'une jeunesse unie. La J.E.P. (Jeunesse Estudiantine Protestante) et la J.E.C. (Jeunesse Estudiantine Catholique) étaient dans leur ensemble en faveur d'une jeunesse unie. Les autres voulaient de la jeunesse unique.

Le Ministre de la Jeunesse et des Sports était Jépiste. Il y eut deux camps organisés pendant les grandes vacances 1964, l'un sous la forme d'un camp d'une jeunesse unique (opérations bananes de "Les Saras") et l'autre sous forme d'un camp volant organisé à la manière d'une jeunesse unie et qui regroupait la J.E.P. (Brazzaville et Pointe-Noire), la J.E.C., L.U.J.C. (L'Union de la Jeunesse Congolaise), L'ASCOl et même des libres penseurs. Le congrès constitutif de la jeunesse prévu pour Août 1964 devait s'inspirer de ces deux expériences pour trancher s'il fallait d'une jeunesse unie ou d'une jeunesse unique. Le camp volant connut un succès éclatant et des échos retentissaient chaque Samedi à 13 heures à la Radio nationale. Il débuta le 6 Juillet 1964 à Mouyondzi ( la jonction fut faite à LEBRIZ, actuellement BOUANSA), pour les deux groupes venus de Brazzaville et Pointe-Noire, et conduisit les campeurs volants tour à tour à Sibiti, Komono, Mossendjo (puis Mayoko et Mbinda), Kibangou, Dolisie et Loudima. Le camp volant prit fin officiellement à Brazzaville et Pointe-Noire le 10 Août 1964. Apparemment le congrès ne tint pas compte de ce succès éclatant et opta pour la jeunesse unique: la Jeunesse du Mouvement National de la Révolution (J.M.N.R).

En Août 1965, l'enseignement fut nationalisé. La jeunesse unique et la nationalisation de l'enseignement signifiaient que les églises n'avaient plus le droit d'avoir des jeunesses en leur sein, ni d'enseigner la parole de Dieu dans les écoles ; en clair, les églises étaient vouées à une mort inéluctable, faute de jeunesse, donc de membres dynamiques pouvant relever les vieilles générations.
On parla alors très tôt, à travers la guerre des ondes, de la transformation des églises (Bâtiments) en musées.
Une bonne partie de "Jépistes", les dirigeants notamment, vont devenir les cadres dirigeants de la jeunesse unique et même tenter de persécuter l'Église. Les tout jeunes membres de la J.E.P. ne vont pas trouver leur compte dans ces nouvelles institutions.

Telles des brebis sans berger, ils vont tenter de se retrouver au sein de l'Annexe du Plateau, Paroisse de Bacongo, les Jeudis, à la rentrée scolaire de 1964; ils se constituent en trois sous-groupes selon ce qu'ils savaient ou pouvaient faire : la photographie, le théâtre et le chant. Le jeune Pasteur Français Yves HERMANN, venu dans le cadre de la coopération, apparemment effrayé ou alors trop prudent, ne montra que peu d'entrain à organiser ce groupe. Néanmoins, il permettait à chacun de poser des questions auxquelles il répondait à la lumière de l'Évangile. Cela était complété par des études bibliques. La sortie prévue à Noël 1965 dans les Plateaux Batékés (Mandiélé) échoua faute d'organisateurs et sonna le glas du jeune groupe qui venait à peine de voir le Jour.
(1) ASCO : Association Scolaire du Congo. Il a fallu attendre Octobre 1965 et l'arrivée d'un nouveau coopérant, le Pasteur Jean TARTIER, pour que les choses changent.